Chroniques quotidiennes Des livres pour revenir à soi Douceur La Mer Saisons

En ce matin de pluie,

J’aime bien l’idée d’être une saison, un temps, un mouvement incertain. La société, le monde, nous veulent rangés, cadrés, clairement identifiés, il faut laisser un nom, une adresse, un téléphone pour l’achat d’un bracelet dans une boutique nouvelle dont on foule le sol pour la première fois. Souvent, je bloque, non merci, juste le bracelet, ça ira bien, et quelquefois, mollesse, abandon du combat, je cède, j’épelle et j’articule, je précise, je me laisse enregistrer en forme de numéro, de triangle, de carré dans les petites boites qui vendront pour des ronds, ma latitude, mon longitude, mes goûts.

Pourtant, je ne suis rien de tout ces petites heures enregistrées sur des tickets. Je vole dans l’air, je suis déjà une autre, nouvelle depuis tout à l’heure, je m’apprends, je grandis, je bois des potions qui me changent, je lis des trésors qui me soignent, je rencontre des gens qui gravent sur ma peau des points d’interrogation, je mouve. Je remue ma terre constamment et mon regard s’écarte aussi, plus large, plus sombre, et plus croyant.

Je m’accroche à tout ce qui n’ a pas de chiffre : le ciel, le vent, les oiseaux ( combien sont-ils dans les branches du saule ? Arbre grand-père qui souffle sur mes joues que le jour ira bien et c’est bien suffisant…) et je chouigne, les jours compliqués, je chagrine désormais sans honte.

Mon univers est un présent que le monde me fait : il est unique et sûr et ne demande qu’à déployer ses ailes. Il n’est volé à personne, ne triche pas et à le son d’un rythme qui n’appartient qu’à moi. Saison de joie et de visage au monde, longues semaines de niche, de repli, de cocon, missives ailées que j’offre au gré du temps, ce qui me rend heureuse, c’est de faire à mon rythme, d’être dans mes couleurs, de ne prendre rien à personne, d’être juste.

C’est le nom de ce blog, SAISONS, le temps qui comme du sable, glisse en chatouilles sur la peau fine de nos existences. C’est le nom de ce livre Ressac, écrit si joliment par Diglee, si inspirante, qui raconte la mer, la solitude, une retraite de cinq jours dans une abbaye, des rencontres précieuses, et l’écriture. Que je vous conseille avec douceur en ce matin de pluie.

C’est le sens de ma vie, clapotis, écriture quotidienne, joie des mots, et jeu de trouver le bon rythme, épousant la cadence du temps, des jours, des heures et des saisons.

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