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Sur le rivage, des coquillages

C’est aujourd’hui le printemps et le soleil est absent.

Le ciel est voilé et laiteux, le froid déssêche mes mains, je cherche partout la crême que j’étale largement sur leur dos et je regrette ensuite quand mon clavier d’ordinateur luit.

J’ai terminé mon thé depuis longtemps, je rêve d’une deuxième tasse, pour réchauffer mon sang sous la peau.

Les branches du grand Saule dansent, maintenant qu’elles supportent à nouveau, joyeuses, leurs milliards de pousses vertes. Elles sont légères encore, le tronc derrière est bien présent, tout comme les ombres des oiseaux. Je les connais à force. Ils se disputent beaucoup et se dissipent tout là-haut, ou dans le secret de la haie. Des petits pépiements aigus, agacés, et snobés par le merle de ces lieux, qui passe en ignorant ce brouhaha.

Depuis mon bureau, j’écris. Lou Doillon chante sur la petite enceinte. Chaque jour, en bon disciple, j’écris. Mille mots, pas un de moins. Je raconte le temps qui s’écoule lentement, je raconte ces heures insuffisantes, la fatigue blanche et transparente qui affecte tout et mon désir de l’accepter.

Je ne lutte pas, j’ai trop peur de rater le rivage. Je me laisse porter, patiente, j’ai confiance dans le fait que je vais revenir. Joseph Ponthus dit qu’un bon livre nous ramène au rivage.

Je lis

  • Encabanée
  • Girl
  • Les orages
  • A la ligne
  • Marie-Lou-Le-Monde
  • Ce matin-là
  • Le roman de Jim

Je trouve dedans la neige, le froid, le désir, la faim, le trop, l’amour, l’enfance, le lointain, les retours, ce qui tient, la pluie, le monde. Je me laisse porter, emporter, par ces voyages imaginaires. Je flotte. Je coule. Je larmes. Je reviens.

Je soigne mes vagues comme mes propres enfants, avec patience, amour et suffisance. Que surtout elles ne manquent de rien, que surtout elles n’aient pas trop chaud, pas trop froid, pas trop faim. Que surtout, elles ne se sentent obligées de rien. Que surtout elles se sentent aimées. Qu’elles sentent que l’espoir reste là.

Que surtout elles s’emportent si le vent…

Que surtout elles dorment si le temps…

Qu’elles vivent leur vie de vagues. Hautes. Basses, sournoises, immenses, inexistantes, oubliées, effacées, plates. Scélérates quelquefois, terribles et colériques soudain. Vagues froides, vaguelettes. Mouvement.

La danse des vagues et le mouvement du fleuve me hantent ces temps-ci.

Certaines choses ne restent les même qu’en avançant.

Alors, sur mon tapis roulant, sur mon tapis volant, je danse les yeux fermés, j’évolue dans ce temps absent, et j’attends que le monde entier dans lequel je tournais, tout comme le soleil, revienne.

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6 commentaires

  1. Sandy a dit :

    Quelque chose de plus long… Je repose doucement le voile que j’ai soulevé pour ne effaroucher l’espoir.

    1. Cenina a dit :

      Si tu savais comme tes petits mots sèment des graines d’encouragement.. merci 💖

  2. Sandy a dit :

    Coucou,
    Ce sont les pages du matin les 1000 mots ? Tu fais ça à l’ordi ?

    1. Coucou Sandy ! non…pas du tout ! C’est un souhait d’écriture autre, une tentative de projet. Je peine aux pages du matin ces derniers temps, justement écrasées par cette écriture quotidienne plus « sérieuse »…Les journées sont trop courtes oh la la !!

    2. Et oui, ces mots, je les tape à l’ordi. J’ai fini par céder parce que les cahiers s’accumulent et je n’ai jamais le temps de recopier mes textes ..

  3. Sandy a dit :

    💖

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