
Inspirez profondément
expirer longuement
soudain tout s’éclaire
le bleu du ciel
le vert lumière
la lune pâle
vous êtes entière au monde
il vous entoure vous porte
la nuit vous embrasse
le roulis du train
le vent vous berce
une libellule bleue
la chaleur au fond de vous
le fumet du thé
une couronne de plume
une couronne de perles
un matin blanc
au jardin enchanteur
faites un pas en avant
vous êtes une Reine
parmi les couleurs
le chemin s’ouvre à vous
le ciel répond
soleil brûlant
l’herbe se plie
l’immensité en corolles s’ouvre
la vie recommence
encore

Au fil des jours passés dans mon jardin, et pendant ces deux derniers mois retirée, j’ai redécouvert le lieu où je vis depuis neuf ans maintenant. 2011, achat de la maison, cette petite niche lambrisée tout au fond que j’ai transformée en bureau illico : repeint tous les murs de blanc, accroché la lumière, les rideaux, des étagères, le reste, le monde entier pouvait bien attendre. Puis, pièces par pièces, j’ai apprivoisé ma maison Lune, ma maison Mère, ma niche, ma grotte, mon terrier, mon repère, dedans. Mi-mars, au milieu de la course, ce stop sidérant m’a fait réaliser combien j’étais chanceuse de vivre mes matins sous l’ombre de la montagne et mes soirs dans la danse des noyers, ma petite pause café au soleil de la terrasse, nos midis ensemble sous la tonnelle.
Dans mon jardin que je découvre, vivent une libellule, une famille de merles Monsieur, Madame et quelques invités souvent, des gendarmes, un crapaud, des papillons, des noir et blanc, des bleus et des tous blancs, une hirondelle, une immense guêpe, un nid d’abeille abandonné, deux colibris, des tourterelles, une armée de lézards, un croco en plastique, deux vélos, des framboises, et des fleurs. Fascination pour ce monde merveilleux à ma porte. Que ne l’avais-je vraiment vu avant ? J’en fait le tour chaque jour depuis, amoureusement, je parle et je souris bêtement, comblée. Je me sens une Reine dans un royaume de fée, silencieux, merveilleux, offert à mes yeux neufs comme un trésor oublié.
Qu’il est beau ce printemps. Mon jardin m’apprends tout. Nous sommes des Reines partout. Magiciennes, enchanteresses, précieuses. Sachons prendre le temps de rencontrer ses habitants. Marchons droites, dignes et tranquilles. Le reste peut attendre.
Le peuple du jardin est celui de notre coeur, il est là, niché et n’attends qu’une chose : être vu, entendu, pour se révéler à nous.