Elle chanta, et comme on se jette parfois à l’eau sans être sûr de savoir nager, mais parce qu’on ne peut plus reculer, parce qu’on a quelque chose à accomplir qui dépasse la peur. Sa voix grave s’éleva, limpide et chaude. Elle portait en elle la vibration des saisons, quand les alouettes drapent le printemps de leurs trilles, quand le cri des cigales ensemence l’été de lumière, quand les craquements des sous-bois font frémir l’automne, quand les aiguilles de pin habillent l’hiver d’un manteau de velours. Son chant abritait la pâleur de la lune, et sa douceur aussi.

Le feuilleton d’Artémis de Murielle Szac – épisode 32 « Où Artémis révèle d’autres facettes d’elle-même«