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Demain, peut-être demain…

« Je m’ajoute à la fille un peu juste que je ne cesserai d’être.[…]

« Je sème autour de la fenêtre un jardin de fortune, fait de pousses et de bourgeons arrachés à la ville; car déjà la terre me manque. J’ordonne les billes d’argile. J’ajuste chaque pot, que les rayons de lumière ne laissent aucune fleur sur le carreau. » […]

« Chaque sourire me soutient que la vie est bonne, qu’il ne faut pas toujours chercher à comprendre mais relever les coeurs tombés. Quand la tristesse vient miauler dans mes jambes, je la prends sur mes genoux, j’apposer mes mains de guérisseuse et je t’offre mon dos rond.« 

« Aussi, quand tu pourras, sois fier de ce que nous n’avons pas reçu et qui nous sert d’épines. »[…]

« Que voulais de mieux ? Que voulais-tu de plus ? (Il) a raison, et c’est passionnant d’aimer ce garçon qui trouve les mots justes pour le rêve dont je suis née.« 

Sauf les fleurs – Nicolas Clément.

En revenant de l’école, j’ai cueilli une branche de cerisier. A la maison, je l’ai déposée dans un vase japonais, tasse à grains de riz blanche et nacrée, et je l’ai rempli d’eau.

L’eau pour le thé a glissé, bouillante sur les feuilles et l’arôme de cerise. J’ai oublié le vase sur le plan de travail. Il a fait beau hier, mon coeur est au printemps.

« Demain, peut-être demain »

J’attends …

fleurs de cerisiers

Hakuri

Je suis pourtant rentrée seule de l’école. Ma voisine attend que j’avance pour ouvrir son portail et dépose sa fille cinquante mètres avant moi, pour repartir avant que je ne fasse demi-tour. Mon coeur se serre. Toujours la même douleur et ma voix sage dedans me souffle que je l’ai bien cherché : Je viens d’un monde où les autres sont la peur, le danger, la douleur. Je n’ai pas appris à rester. J’ai gardé cette armure aux autres et mon coeur sauvage saigne encore quand le mondailleurs ne me réponds plus.

La fête des fleurs a réussi : plantation de Elio, mon érable, mon beau roi. Fondations de la cabane. Joie, fleurs, bouquets de bonbons, salon de jardin. Lumière. Notes dans l’air.

*

Ce matin, ma toute petite a subtilement grandi. Une tresse est devenue une queue de cheval et nous n’avons pas trouvé la deuxième barette chat. A la place, les deux noires, brillantes, premier couple apparu dans la masse, j’en attrape une, je dis toujours, la première paire gagne !

Aux pieds, des baskets blanches et printanières. Dans ses yeux, une lueur d’autre chose, une bascule d’équinoxe, un endroit d’elle que je refuse un peu, mon bébé chat. Sois sage, ô ma douleur. Ce week-end, mes enfants, qu’il était bon et heureux !

Je m’endors le soir en sentant bien que je tiens quelque chose. Une bosse, une accroche, un endroit existant : est-ce qu’il n’est pas trop tard ? Il a treize ans et ces heures avec lui samedi, comme une alerte au vent. Un moment si précieux. Je ne sais pas écrire ce matin, la fragilité qui m’étreint face à l’idée de perdre : l’enfance, la merci, la possibilité d’une île. Le pardon. Elle a huit ans et des cheveux volants . Un regard doux et une robe de chambre rose toute douce à l’intérieur.

22 mars. Ma vie est une indécision.

Je sème des graines, je trace des plans pour faire entrer tout ce que j’aime dans ma machine du temps. Mon monticule s’égrène : j’aime toujours plus de choses.

En plus de lire d’écrire d’aimer de cuisiner l’amour de dessiner je veux désormais jardiner. Planter, bâtir, nourrir, parler à mes petites, leur livrer mes secrets.

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