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Jour de pluie

Sur la table basse : un plateau blanc de bois, une boîte à mouchoirs arlequin, une bougie neuve au thème de Mer, bleue et blanc crème, une autre, à la citronnelle qui nous sert en été, un petit vase bleu, vide et transparent, une bague en ferraille trouvée par terre dans la cour. Le livre Alma que je lis aux enfants, un chapitre par soir depuis septembre, trois albums imagés, mon agenda vert d’eau, format A5, lourd et présent. Un crayon gris pailleté, une loupe pour la lecture de Labyrinthe. Le calendrier de Juliette qui attend d’être installé, le gros cahier fleuri de mes inventions littéraires, un plateau bois dehors, gris dedans, une théière vide encore chaude, un bol rond et rose et à son fond, quelques herbes de thé oublié. A côté, la correspondance à trois de Marina Tsvetaïeva, Rainer Maria Rilke et Boris Pasternak.

Juste derrière, la sage des cazalets tome 1, au temps si ralenti qu’il attendra l’été, le Monde de Sophie, reçu en cadeau à mes treize ans peut-être, jamais lu. Le carnet fleuri de ma puce pour les mots de dictée du soir. L’album merveilleux de Rebecca Dautremer Des Souris et des Hommes que je savoure lentement, quelques pages par jour, comme un chocolat fondant sur la langue. Le jaune poussin de Déborah Lévy et son coût de la vie, qui m’attend sagement, mes lunettes fragiles, posées là, sans leur boîte.

Derrière encore, énième tas de pages, les aventures de la famille Mellops, posé sur le monde de Chintiens et la petite maison de Pikkeli mimou, sa petite maison d’hiver, sa forêt, ses amis. Dessous, des catalogues de meubles, Ikea, Maison du monde, Alinea, qui attendent leur heure de découpage, bricolage, collage ou leur sinistre fin de vie à la benne.

Au milieu, trône un bouquet de tulipes roses et blanches, des branches d’eucalyptus, deux pivoines blanches comme des jupes de Danseuses étoiles. Cadeau de samedi soleil.

Sur mes genoux une couverture inutile, le Journal pauvre de Frédérique Germanaud, mon carnet bleu des chroniques quotidiennes, mon stylo japonais à plume rétractable. Avec le thé et la tranche de pain grillé, une cuillère de confiture rouge et deux comprimés d’antibiotiques.

Dehors, la pluie . Les deux tables en bois sont rangées, le parasol attend son tour. La brume se repose sur les arbres mouillés. J’entends le léger craquement de la braise dans le poêle.

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5 commentaires

  1. Je repasse sur le blog et m’étonne d’y voir si peu de commentaires. On ne le trouve pas dans les moteurs de recherche. C’est peut-être cela ? Ou une volonté de ta part ? As-tu déjà envisagé des écrits plus longs ?

    1. Coucou chère Sandy, ce blog est bien désert en effet, hormis tes gentils messages. Je n’en parle pas assez certainement, ou bien il n’est pas lu. Je ne sais pas. C’est un peu tristounet j’avoue, mais j’essaye d’y écrire un peu tout de même. Écrire plus long? Je ne sais pas si je serais lue… En tous cas tes passages me font plaisir ! Merci.

      1. Bonsoir,
        Pour les écrits plus longs je ne pensais pas au blog. Tu écris si bien que je me demandais si tu n’aurais pas envie d’écrire un roman.

        1. Merci….. merci beaucoup.

  2. C’est amusant, l’une de mes filles s’appelle aussi Juliette… Que de lectures… Certains titres ou auteurs me tentent bien…

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