L'automne La vie ordinaire S'écouter

Le poids du Ciel

L’automne s’est installé brutalement comme souvent dans la région. La robe fleurie de la semaine dernière sèche encore dans la buanderie, et déjà, en trombes, j’ai sorti une à une toutes les bottines chéries. A moi, les robes sur les collants doudous, les foulards, m’envelopper dans des étoles immenses..

L’automne est là, mais quelque chose pèse que je voudrais raconter. J’ai honte de mes chagrins, je voudrais les cacher sous mes draps, dans les pages de mes carnets et que cela suffise. J’ai peur de mes chagrins immenses, quand ils s’étalent ils prennent toute la place. Je les tiens ramassés bien serrés, entre ma peau et le tissu du quotidien, presque toujours innocente et inaperçue. Alors que, je ne devrais pas. Personne ne devrait taire ce qui le blesse, ce qui l’empêche.

Pourtant, les chagrins, ça se garde au chaud. Ça se soigne en secret, discrétion garantie . Il faut sourire, mesdames messieurs, sourire et avancer. Pleurer mais en silence.

Je n’en parle pas trop longtemps. Je saisis la beauté du jardin, la grâce des roses penchées sous le poids du Ciel. Je prends des photos et fais crisser les talons de mes chaussures sur le gravier mouillé. Ce son, je l’adore, c’est ma madeleine de Proust. Je travaille en buvant du thé, j’écoute du Jazz, je fais sécher les draps, ça sent bon la lessive. Je rêve d’une tarte aux pommes. J’écris un morceau de chaque jour dans mes carnets. Je me demande si quelques jours sans projets ne seraient pas de bonne augure.. juste poser les pensées, les idées, les délais un instant et laisser la vie s’immiscer.

On dort si bien sous les couettes chaudes, les fenêtres sont fermées et dans la salle de bain, les serviettes nous attendent, moelleuses et chaudes. Samedi à Lyon, la gaufre au chocolat après les rues mouillées et le vent cinglant, fut un moment heureux. Je voudrais les collectionner. Les coller sur ma peau comme des souvenirs indélébiles.

Je pense en vrac, à la libraire passionnée, au restaurant réconfortant où nous sommes des habitués qu’on appelle les chéris, aux lumières de l’Opéra, au lit une fois rentrés, après la douche. Je pense que malgré tout, cette propension à ressentir le bon, à voir le beau, c’est ce qui sauve de tout. De tout.

Psst, ce podcast dont tout le monde parle, je l’ai écouté, il m’a secouée, il m’aide beaucoup, il apporte des réponses, il réconforte. Écoutez-le.

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