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La vie ordinaire

J’ai acheté ce livre car j’en aimais le titre. C’est une promesse fabuleuse un livre avec un titre pareil LA VIE ORDINAIRE . Il ne raconte pas du tout ce à quoi je m’attendais, il raconte quelque chose que j’aime, pour autant, il me plaît, entre essai et roman, je le dévore depuis hier soir.

C’est quoi la vie ordinaire ? A quoi je m’attendais ? Peut-être à une lecture reposante, loin du roman de plage mais prête à m’immerger dans la cuisine de cette famille recomposée, pour en goûter l’ambiance, entendre les râclements de chaises sur le sol, lire combien cette mère est plus cool que moi, qu’elle a un corps fin et bronzé, un grand dressing et un boulot qui lui plaît, qu’elle fait l’amour régulièrement avec envie et expérience, qu’elle gère les repas, les caprices, les problèmes scolaires, les grains de beauté louches, la toux du petit dernier, les prochaines vacances d’un claquement de doigts.

Ou que justement, tiens, elle ne gère pas, elle ne gère rien de tout ça. Elle galère, elle s’énerve, elle s’épuise, elle veut dormir et lire tout son saoûl, sans une main sur son corps rien qu’à elle, elle voudrait oublier le boulot un instant, rêver à ses projets, que cette douleur dans son estomac la quitte quand ça ne tourne pas rond à la maison. Elle voudrait que les vacances soient ce moment de latence attendu, espéré, au lieu de ces jours pressés, à remplir, pédaler, à combler d’activités joyeuses dont « on se souviendra » pour mieux les raconter aux grand-parents à leur prochaine visite. Elle voudrait cesser ces visites tiens d’ailleurs. Elle va cesser ces visites.

La vie ordinaire, celle qui nous écrase si l’on n’y prend pas garde, cette vie est délicieuse chez les autres. C’est elle qu’on regarde en douce derrière les vitres des autres voitures dans les bouchons de l’été – « tiens ce coffre en bordel…bon j’ai géré finalement » – , celle qu’on invente et suppose à la pause café du boulot, celle qu’on imagine en passant dans les ruelles du soir, dans les salons allumés des petits villages. C’est les claquettes, le camping, la vaisselle, le rouleau de pq oublié, le shampooing qui coule dans la trousse de toilette, le jardin cramé par l’été, l’odeur de la lessive, la poubelle à sortir, le linge bien sûr, le linge, le calcaire, l’anti-moustique et l’âme en berne quand il n’y a plus que ça, que ça.

Mais la vie ordinaire, c’est aussi la vie simplement. C’est tout ce qui fait tourner notre existence, ce sont les gestes que nous créons pour sécuriser l’espace, c’est un ensemble d’éléments que nous fuyons autant que nous les appelons à nous : sécurité, confort, tranquillité, repos et puis, de temps à autre, partir !

La vie ordinaire est nécessaire. Je m’avoue à moi-même que ce désir de fuite, de folie, de grandeur me quitte facilement quand la nuit tombe, au contact de mon lit, d’un bon livre, la promesse d’un moment calme et reposant après le quotidien et le combat du jour pour tenter d’y créer quelque chose… Créer, inventer, réaliser, Oui ! Le Jour !

Mais le soir venu, le vrai c’est que je ne souhaite rien d’autre que mes enfants endormis, apaisés, dans leurs lits, mon amour toujours là, à côté ; le vent dans le mobile japonais, silencieux, tournoyant, un livre à lire, le ciel qui s’efface. C’est tout. Simple et ordinaire.

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4 commentaires

  1. Sofia a dit :

    Comme tu la racontes bien, cette vie ordinaire !

    1. Cenina a dit :

      Merci Sofia !

  2. Cenina a dit :

    Et bien, je connais sans connaître pour tout dire.. les chemins de la philosophie non ? J’ai ouï dire que c’était une émission très plaisante et très écoutée, je vais me laisser tenter…merci pour le petit mot ici 🖤

  3. xtine a dit :

    Bonjour, connaissez-vous l’activité radiophonique d’Adele Van Reth ? J’aime bien ce qu’elle fait. Merci pour vos petites chroniques, j’aime bien aussi.

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