La Confiance To begin, begin

Une idée en l’air

Ce qui est merveilleux avec les bonnes idées ou juste les idées qui nous visitent, c’est la joie qu’elles nous procurent. L’accélération du cœur, le sourire »dedans« , être « enceinte » d’un secret, sans que personne ne sache ce qui se trame, ce qui nous habite et nous transporte. Ce truc nouveau et génial qui s’est invité dans notre vie, et personne qui ne sait… Ahlala j’adore ça.

Je me méfie cependant, des idées, surtout celles qui m’emballent très fort, car si je ressens cette joie, j’ai tendance à « paralyser » très vite quand vient le moment d’agir. L’entrain retombe comme un soufflet, et ça peut faire mal..

Il se passe, pour moi, deux choses dans ces cas-là :

1/ J’attends de voir si l’idée est bonne, si elle « reste » là, – dites, vous avez lu l’ouvrage de Elizabeth Gilbert – Comme par magie ?- et si elle perdure plusieurs jours, semaines etc. Si oui : bingo, c’est une idée qui semble bonne, je dois travailler dessus .Si non, je me pose deux trois questions. Il y a quelque chose qui cloche, un déséquilibre quelque part, ou ce n’est pas le moment idéal, bref, j’interroge…

2/Je ressens une peur intense :

*De ne pas être à la hauteur de cette idée. Là, comme ça, elle est immense, parfaite, juste, lumineuse. Bref, terriblement attirante et elle est dans Mon coeur. Mais moi, je ne suis que moi, avec ma fatigue, mes états d’âme et aurais-je la capacité de lui faire honneur ? De la rendre visible ? De lui donner une forme, une couleur, un état ?

*Et aussi, qu’elle s’efface. J’ai peur que cette idée soit pressée, lunatique, furtive ou impatiente . Qu’elle m’ait choisit, moi, mais en me prêtant une grande, (trop?) confiance , en étant trop sûre de ma capacité à lui donner vie. J’ai peur qu’elle se lasse de moi avant de savoir qui je suis vraiment.

La peur est donc très présente et nul doute qu’il faut avoir plus de confiance pour se lancer.

Mon secret ? Je n’en ai pas sinon me déconnecter un moment de mes pensées.. Je ferme ma boîte à réfléchir, je liste les choses à faire une par une, toutes, jusqu’à la plus petite action à mettre en place et une fois face au mur, face au vide…..je fais un pas en arrière comme tout le monde, Là, ce pas en arrière, c’est un tourbillon de pensées qui m’attaque, une nuée d’abeilles, un essaim qui accapare ma tête et me souffle toutes les bonnes raisons de ne pas y aller, de rester  » en sécurité ». C’est là que je stoppe ma réflexion, que je me coupe un bref instant de mon cerveau d’humaine qui cogite, jauge et analyse. Je cesse de réfléchir et je saute.

Saute et le filet apparaitra.

John Burroughs

C’est après que tout se joue. juste après ce pas de recul, cette sortie du territoire connu, ce moment de vertige.

C’est là, qu’il faut y aller : c’est notre idée, c’est notre vie. C’est maintenant.

Passer le mur, sauter dans le vide, c’est juste UN pas de plus. Le reste, c’est promis, suit. Il faut faire cette toute petite chose impossible, ce geste compliqué, cette démarche paralysante. Il faut cesser de réfléchir un instant, agir vite, sans mental, pour dépasser l’obstacle.

Ensuite, le monde est grand, la plaine immense et verte et tout est là, tout nous attend. Le mur est dépassé, le vide est surmonté. Le filet est apparu.

Il n’y a plus qu’à faire.

Cette idée de rencontrer d’autres femmes, de les interroger,( cf Chercher La Femme ), de leur demander qui elles sont, comment elles vivent, ce qu’elles ressentent, … cette idée à cinq, six ans. Elle est née pendant une période de repli très doux, un congé parental et de longues matinées à bercer mon bébé sur un vieux rocking-chair installé sous la tonnelle. Quand elle dormait et que mon grand garçon était à l’école, je me balançais, seule, silencieuse en rêvant à à quelque chose sans forme, ni consistance, en rêvassant à peine, convaincue que j’étais, de n’être pas la bonne personne, de n’avoir pas la bonne forme pour le faire, de ne pas être à la hauteur.

De tous les avis que j’ai reçus, je n’ai retenu que le négatif, celui qui appuyait sur ce qui n’allait pas. Celui qui justifiait mon manque de courage, mon incapacité à sauter. C’était d’accord : ce n’était pas pour moi.

J’en ai longtemps gardé une amertume, j’ai rangé mon dossier au placard. J’ai accepté de laisser mon idée filer au vent, presque attendu qu’elle naisse ailleurs et autrement . Ce n’est pas arrivé.

Cette idée est littéralement resté habiter chez nous, elle a attendu sagement que je grandisse, que je mûrisse, que je prenne les forces suffisantes pour pouvoir la porter à bout de bras. Elle était faite pour moi. Un matin, j’ai ressorti le classeur de la malle en osier de la chambre, je me suis rassise sous la tonnelle sous un ciel de printemps. J’ai fermé mes pensées à toute dérive, je leur soufflait des « chut chut » comme on fait taire un enfant dissipé..J’ ai pris une feuille, un stylo et j’ai listé une à une chaque action, même la plus minuscule, à réaliser pour accoucher de ce projet. Cinq ans plus tard, elle est modernisée, plus grande, plus audacieuse, elle est là mon idée, nichée sur mon épaule, bien campée, pas prête à se laisser déloger. On chemine ensemble désormais. J’ai peur, bien sûr, mais j’y vais quand même. C’est la clé.

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