Du Temps pour Soi Jours Seule Se réinventer

Jour seule

Ce lundi fut mon premier vrai jour de solitude depuis février. Tous les habitants de cette maison occupés à leurs tâches respectives, l’un au boulot, l’autre au collège et la dernière sur les bancs de l’école. Moi, j’ai posé un jour de congé parce que c’était son anniversaire . Je n’y ai pas réfléchis jusqu’à dimanche, réaliser que je serai seule, et que j’aurais très bien pu travailler, cela n’aurait rien changé pour elle.

Moi qui suis un véritable être de solitude, je me constate un peu chamboulée par cette période de confinement. Après les premiers quinze jours éprouvants, l’organisation à trouver, les nerfs à ménager, trois journées et autant de patience à réaliser en une, s’est installé ici, pas très loin de mon coeur, un drôle de sentiment: ce confinement, cette maison à nous quatre où nous avions la chance inouïe de pouvoir tous rester en sécurité, c’était notre cocon et ce temps imposé « ensemble« , au delà de la fatigue et du manque d’air, c’était comme un voyage tous les quatre.

Valises, lunettes de soleil, destination . Nous étions confinés dans notre douce maison, dans notre jardin qui n’attendait que nous. Le ciel n’a jamais été aussi beau, les oiseaux jamais si joyeux, les libellules jamais si proches ni si bleues et vertes et magnifiques !

Il y a eu ce drôle de moment où la difficulté de la situation s’imposant à moi, j’ai eu deux choix :

  • craquer totalement, devenir folle, m’arracher les cheveux, crier trop fort et retourner la maison en criant à l’injustice de me retrouver là, prisonnière, impatiente, pas d’accord pour tout ce que demandaient ces journées : du temps pour moi, le boulot, l’aide au collègien, la dictée, les exercices, la lecture à ma fille, le repas à préparer, les réunions bien à l’heure chaque jour, la maison à ranger, le linge à gérer, se reposer, faire un peu d’exercice, méditer, lire, se coucher tôt, recommencer ainsi chaque jour.

  • Accepter. Tout accepter et lâcher prise sur tout ou presque.

Je n’ai pas eu le choix, pour le bien être de tous, le mien mais bien sûr les petites âmes de la maison, cette injonction à leur expliquer, les rassurer, ne pas avoir l’air inquiet, perdu ni fatigué. Je n’ai pas réfléchi et j’ai accueilli la totalité de cette situation dont je ne voulais pas. J’ai décidé qu’il y avait forcément du bon dans ce schéma, je l’ai cherché, noté, listé chaque jour, j’a tenu le journal quotidien de mes émotions et j’ai vécu tous les jours suivants dans une drôle de tranquillité, presque insolente, n’osant pas dire « finalement, je vais bien« , n’osant pas dire «  sortir ? pas tout de suite... », n’osant pas dire « ce confinement, c’est un drôle de cadeau« .

J’ose à peine le dire ici mais tant pis.

J’ai travaillé chaque jour depuis mi-mars, sinon plus de d’habitude. J’ai télétravaillé tous les jours. J’ai donné de ma personne, beaucoup de mon énergie et de mon temps à mon entreprise, à ma famille, à l’école à la maison, et puis, aussi, un peu à moi :

  • J’ai enfin réussi à créer ce rituel tant espéré, toutes ces années, de me lever tôt chaque jour pour écrire. Tous les matins, hop hop hop 6h45 ou 40, ou 30 même quelquefois, réveil, et visage brouillon, je me faufile dans le canapé de mon bureau, carnet sur les genoux, couvertures et pull chaud, et j’écris.
  • Au bout d’un mois sans sortir, ni vraiment marché, j’ai commencé à me soucier des petits kilos que je ne voulais pas voir se coller sous ma peau : j’ai donc entamer des séances de sport « à ma façon » sans but, ni rythme, rien d’autre que bouger un peu mon corps pour le réveiller. J’ai commencé à m’entraîner sur la salutation au soleil, et au fil des jours j’ai senti mon corps s’assouplir lentement. J’ai senti mon corps, tout court.
  • J’ai quitté cette sensation d’empressement, de stress intérieur  » je n’ai pas le temps de faire à manger, que puis-je trouver à réchauffer ?  » pour réaliser qu’il me fallait au bas mot 4, aller, 5 minutes pour créer une pâte brisée, sablée…au thermomix et que tout pouvait se faire plus simplement, sans courir.
  • J’ai cessé d’entasser les questions de chacun qui se superposaient à mes appels, mes mails, mes tâches et j’ai respiré beaucoup, j’ai pris souvent de grandes inspirations de  » Ouch, une chose par une chose« , et j’ai répondu à chaque question,l’une après l’autre,après avoir chassé ce sentiment d’étouffement de chaque instant.
  • J’ai médité pendant 21 jours lors d’un cycle merveilleux
  • J’ai passé des heures entières dans mon jardin, à lire et travailler mes projets , les matins des week-end : matins bienheureux où je n’ai jamais eu à répondre à la question « on fait quoi, on va où ?  » et ce fut délicieux !
  • J’ai ouvert ce blog, j’ai lu des tas de livres, je me suis couchée chaque soir sans le « stress » du lendemain, j’ai passé du temps avec mes enfants.
  • J’ai crée un site à la vocation Merveilleuse , mon beau Chercher La Femme, je me suis sentie très heureuse de cette lumière, ce rayon brut venu me cueillir un matin de juin , ou peut-être était-ce mai, oui, ce matin du 29 mai dernier, à l’aube d’un nouveau carnet noir, sur la première page j’ai noté : « Une femme a envie de réaliser quelque chose d’important et au lieu de ça, elle reste chez elle à faire des cocottes en papier« . J’ai noté cette phrase, je l’ai encadrée, lue et relue et je me suis sentie de celles, désespérantes, qui font les cocottes mieux que personne. Sur la ligne suivante , cette question  » Quelle est la forme définitive de toutes ces idées qui se nichent dans ma tête, quelle est la façon de les communiquer aux autres ? » : je cherche, je cherche tellement chaque jour. Quelquefois, la réponse est sous notre nez depuis toujours. Depuis toujours je cherche la femme, depuis 5 ans je tente de trouver une forme à cela en continuant à faire des cocottes. Ce matin de mai a été le dernier à plier du papier dans ma tête. I not now, then when ?

Bref, j’ai aimé cette parenthèse. J’ai aimé me tenir loin du tumulte, à distances des informations anxiogènes, et dans un état d’esprit positif, à ne pas subir quoi que ce soit, dans la mesure du possible . C’est un choix.

Lundi, sans l’avoir prévu vraiment, j’ai vécu ma première journée seule. C’est drôle, c’est immense, ça a un goût d’avant, c’est désert et j’avais oublié que je pouvais le désirer. C’est un silence de géant, cette petite journée ( à 15h je récupérais mon ado au collège) qui m’a semblée immense.

J’ai bu du thé, j’ai lu un peu, écris bien sûr. J’ai travaillé sur des choses qui me tiennent à coeur. J’ai eu envie de voir, de croire en tout ce qui a changé pour moi ces dernières semaines. Et j’ai fait ce que j’avais à faire .

Et vous , comment avez-vous vécu ce confinement ? Occupées ? désoeuvrées ? perdues ? renouvelées ? Quelles petites choses nouvelles se sont invitées dans votre vie qui n’étaient pas avant ?

Je vous embrasse.

Cenina

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4 commentaires

  1. J’adore L’infiniment peu… pour son volume et son condensé des idées de Dominique Loreau.

    1. Cenina a dit :

      🖤 je vais regarder alors..

  2. Sandy a dit :

    J’ai adoré le confinement et ce temps de repli sur moi, ma famille, ma maison et mon jardin. Le bruit du monde extérieur me parvenait assourdi, vidé de son impérieuse nécessité. Le centre de mon monde c’était moi.
    De cet épisode, j’ai gardé l’envie de simplifier mon existence : drive, sport à la maison (finie la nécessité de ressortir le soir malgré la pluie, la fatigue…), liseuse (ressources gratuites du net) et relecture de mes livres favoris (Dominique Loreau), plus de femme de ménage, cuisine du jardin… tout est bon pour ralentir le temps…et reprendre le « contrôle » de mon quotidien.

    1. Cenina a dit :

      Merci de ton partage Sandy, c’est bon de lire que nous sommes nombreux(ses) à avoir savouré ce temps ( au-delà du sentiment de peur, d’inconnu etc..) – Comme toi, le sport à la maison, j’y croyais peu, j’ai tenté, j’y ai pris goût !! J’adore Dominique Loreau, L’Art de la Simplicité par dessus tout…. Lequel me conseilles-tu ? Je t’embrasse.

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