La Confiance To begin, begin

Touche le Soleil !

Il y a quelques années, cinq ans précisément, j’ai eu une idée. Des idées, j’en ai plein, nous en avons toutes, mais le tri est difficile et celle-là était juste, bonne, lumineuse ! Et je le savais… Je me suis lancée à corps perdu dans sa réalisation, bercée par les feuilles vertes et larges de la tonnelle abritant mon inspiration. Je balançais mon âme dans le rocking-chair, j’écoutais déjà les oiseaux à l’époque pendant l’écriture, je me délectais déjà, oh tellement, de ce temps suspendu et de toutes mes lectures dévorées. J’étais en congé parental puis en très large temps partiel, j’avais le temps d’élever les enfants, de vivre, de réfléchir, de créer.

J’ai lancé mon idée, sûre et heureuse de ma réussite. J’ai reçu des tas de remarques, de messages, tous positifs, tous tendres, tous encourageants.

Un seul a été négatif. Ce fut terrible. L’un de ces avis fut négatif et à l’époque, il m’a dévasté. J’étais trop fragile, trop bancale, trop peu sûre. Je me suis laissée dévorée de tristesse, j’ai tout abandonné. J’ai mis de côté foule de bienveillance pour Une remarque brute. J’ai étouffé mille avis positifs pour un, un seul qui n’allait pas dans mon sens.

J’ai rangé toutes mes petites affaires, tu à mon coeur cette idée fragile et j’ai repris le cours de ma vie, rassurée de n’être faite pour ça, de n’être pas légitime, pas à la hauteur de mon rêve, presque reconnaissante d’avoir croisé une bonne âme pour m’ouvrir les yeux sur mon « incapacité à« .

Ma petite vie à plein temps a recommencé, les courses et les sorties, le travail, le jardin qu’on oublie d’arroser, travailler plus pour gagner plus pour partir, n’importe où mais ailleurs.

Et puis mars. Rester chez nous. Réapprendre à entendre la Terre. Planter des fleurs nouvelles, en prendre soin, avoir le temps de voir naître, vivre et s’éteindre les tulipes, les iris, découvrir le rythme des noyers, les chatons, les bogues qui se forment. Danser sous une pluie d’orage, renoncer aux voyages pour étreindre le ciel, sa danse et les couleurs de chaque jour. Cueillir les framboises pour le petit-déjeuner, refaire la pâte à la main, découper les légumes, planter un potager, attendre les fraises, suivre la Lune. Le rocking-chair est en lambeaux mais la tonnelle toujours plus verte et recouverte, un peu plus poétique et mon idée, et bien mon idée, elle est toujours là !

Cette idée, cinq ans plus tard, flotte toujours au dessus de ma tête comme un petit nuage. Je ne sais pas par quel miracle elle restée, je ne sais pas non plus pourquoi elle m’a choisi pour se réaliser. Mais elle est là, et moi, j’ai grandi. Je me dois de lui faire honneur.

J’ai retrouvé le chemin du jardin, une petite table ronde et rouillée que nous voulions jeter, trois chaises en fer trouvées dans un local poubelle de notre ancien immeuble en ville. Une nappe bleue. Je ne sais pas la forme que prendra tout cela, je comprends juste que je suis désignée par ma petite idée, comme étant celle qui va la rendre grande. Je comprends que je dois travailler, avec toute ma confiance, et toute ma sincérité, que je dois y revenir chaque jour sans faillir et que la réponse viendra. Je comprends que si je rêve petit, tout restera petit et qu’il faut rêver Grand.

Je me lance, en sachant cette fois qu’il y aura des écueils. J’attends déjà la première critique, déguisée ou non, les autres et je sais qu’elles n’entacheront rien cette fois-ci. Je sais déjà qu’il y aura des choses incroyables qui en découleront, des jours de ras-le-bol, des phases d’abattement, du doute, beaucoup. J’ai compris qu’il y aura des étapes, que les choses ne fonctionneront pas du premier coup .

« De la Voie naquit un, d’un deux et de deux trois. Et trois engendre dix-mille. « 

Lao Tseu

Pour réussir, il faut du travail, de l’acharnement et surtout, de la persévérance. Le premier essai, souvent, n’est pas le bon. Le deuxième non plus. Et au troisième, quelque chose va enfin se passer. La plupart des jours, il ne se passera rien et puis soudain, quelque chose survient. Nous passons des mois des années dans une léthargie incompréhensible et soudain quelque chose survient.

Les jours d’ennui, les grands jours de rien, sont ceux, silencieux, où le développement se fait en nous. Les jours gris, tout nous paraît insurmontable ou pire, absurde et sans intérêt. On pourrait facilement tout abandonner.

Ces jours-là touche le soleil : Place ton dos, la plante de tes pieds, la paume de tes mains, sur les rectangles de soleil qui se posent sur les murs, les portes, les sols, l’herbe et laisse le recharger ta vitalité.

Et recommence tous les jours.

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2 commentaires

  1. rocknlaurette a dit :

    ❤️

    1. Cenina a dit :

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