Apprivoiser, s'apprivoiser Se réinventer

« J’ai cessé de me désirer ailleurs « 

Merci pour vos messages, ici et ailleurs à propos de la (re)naissance de ce blog. Je suis ravie moi aussi, d’avoir recrée cet espace d’expression, de pouvoir vous « parler », de vous retrouver. Je veux écrire à nouveau, et puis quelque chose a changé. Moi, certainement. Écrire le quotidien. Raconter ce qui fait avancer.

Cela se trouve dans des aspects minuscules de la vie et il m’arrive de réussir à saisir un moment comme ça, un instant à part, où la vie m’apprend et m’autorise un grand pas. Hop.

J’ai envie d’écrire et de donner beaucoup, mais je garde cette pudeur écrasante, qui me freine, me dit « Chuchote ! », qui prend en photo le monde entier sans moi, sans aucun petit bout de moi. Elle me garde en retrait, rangée du fond, tête qui dépasse sur la photo, première surprise du son de ma voix quand je parle, détestant mon reflet, mon image, me repliant comme un hérisson au premier coup de vent, disparaissant presque totalement, juste mes deux yeux brillants dans le noir si le monde bouge trop fort.

Aujourd’hui, dans la vie que je me souhaite, cela n’est plus possible. J’ai le souhait pour moi d’un « à venir » tranquille, simple et heureux. Et sans compromis. J’ai mis longtemps à le comprendre.

Ce lieu n’a de raison d’être que la forme de vérité que je vais lui donner. Je dors dessus, je réfléchis, je tente, j’efface, j’attends demain. Je fais erreur. La vie toute simple, ça ne devrait pas poser toutes ces questions. Alors, cahin-caha, il faut venir ici et raconter, la traversée des sentiments, des émotions, des jours, des heures et des apparences. Il me faut apprendre à regarder en face mon sourire, mes contours, mon corps dans l’espace, et la place que Je prends.

Je ne sais rien, j’apprends tout.

J’ai cherché partout où et comment vivre avec les seules ressources sauvées dans le naufrage. J’ai toujours été convaincue que l’herbe, bien sûr, pousse mieux à côté, préféré les parents des autres, la maison des autres, et puis, plus tard, la vie des autres. Ce sentiment de n’être qu’à moitié, quand chacun est bien entier en face de moi m’a rarement quitté. IL en sait toujours plus, ELLE se sent toujours mieux, les voyages de ceux qui vont plus loin, plus longtemps, la Confiance qui bat en eux et me déserte injustement..

J’ai fait erreur, évidemment. Et je suis JOIE de l’avoir compris ! C’était un matin de cet automne, puis un soir de cet hiver. Deux évènements aux couleurs différentes qui me soufflaient le même conseil.

Et si ma meilleure vie était la mienne ? Et si j’en racontais un bout ? Et si la route à suivre était un jeu, un jeu de piste, une chasse aux trésors ?

Dans la lumière de mes quarante ans, ce jour dôré, sur le balcon d’un palais Vénitien, j’ai reçu le plus beau cadeau : LE TEMPS. Dans le bleu nuit de ce soir froid, brillant dans mes larmes usées, j’ai reçu le plus beau message : L’ AMOUR .

Je n’ai pas le temps n’existe pas. Et tout l’Amour, l’Amour, l’Amour dont j’ai besoin pour vivre se niche à l’intérieur de mon coeur précieux. J’ai ma place sur la photo.

Dans mon jardin heureux où je fleure, où j’heureuse tranquillement désormais, il y a un banc nouveau. C’est Nicolas qui me l’a bricolé, il fait face au grand Ciel, celui du soir. Dessus, je vais graver, comme sur les banc-poèmes du Palais-Royal :

« J’ai cessé de me désirer ailleurs » A. Breton.

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2 commentaires

  1. Sandy a dit :

    C’est très beau et je pense que je vais le relire souvent…

    1. Cenina a dit :

      Merci Sandy ❤️

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